Cheikh Anta Diop (1923–1986) est un intellectuel sénégalais — historien, anthropologue et penseur politique — dont l’œuvre a profondément marqué les débats sur l’histoire de l’Afrique avant la colonisation. Formé à Paris dans un parcours pluridisciplinaire (sciences, histoire, sciences sociales), il a cherché à réhabiliter la place de l’Afrique — et en particulier de l’Afrique noire — dans l’histoire mondiale des civilisations.
Ses ouvrages majeurs, dont Nations nègres et culture (1955) et Civilisation ou barbarie (1981), défendent l’idée d’une continuité historique et culturelle africaine à grande échelle, et mettent en avant le rôle central de l’Afrique dans la construction de savoirs, d’institutions et de cultures anciennes. Diop est également connu pour avoir soutenu, à travers une approche comparative (histoire, linguistique, anthropologie), une thèse très discutée sur la nature du peuplement de l’Égypte ancienne et ses liens avec l’Afrique subsaharienne.
Au Sénégal, il mène une carrière universitaire à Dakar (UCAD) et s’engage dans la vie politique et intellectuelle en faveur de l’indépendance, de l’unité africaine et de la démocratisation. Il participe aussi, dans les années 1970, aux travaux liés à l’Histoire générale de l’Afrique portée par l’UNESCO, dans un contexte de débats méthodologiques importants.
Aujourd’hui, Cheikh Anta Diop demeure une référence incontournable : pionnier pour certains, controversé pour d’autres, mais central pour comprendre l’émergence d’une historiographie africaine revendiquant ses propres cadres d’analyse et ses priorités.

